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Ne ralentis rien rien rien Hommage à Marcel Moreau

Actualité

publié le
17/09/2020
- par Midis de la Poésie

6 OCTOBRE

 

Ne ralentis rien rien rien

Hommage à Marcel Moreau

 

Midi de la Poésie

12h40-13h30 mardi

Théâtre National

Lecture-Spectacle

 

Avec Denis LAVANT, comédien.

 

« Marcel Moreau est un homme-monde. Il naît en borinage, là où Van Gogh vint se perdre mais trouver la peinture. Un terril pour montagne. Une famille ouvrière. Petits boulots, aide comptable, puis correcteur d’abord au journal le peuple. Mais c’est en lui qu’un autre peuple avance, celui des mots, avec beauté et sauvagerie. Amour de la femme déjà, toujours, ce fut son plus grand paysage intérieur. Deux enfants naissent. Plus tard, il quitte la Belgique, par simple claustrophobie dira-t-il. Arrivée à paris, puis grandes fugues, du Népal au Mexique en passant par l’Iran, la Russie. Toujours correcteur (au Figaro), pour le reste incorrigible. Obsession du langage : il s’endort avec le début d’une phrase, et après la virgule d’une nuit, la même phrase réclame sa fin. Depuis son premier roman « Quintes » très célébré jusqu’à son dernier souffle, il invente une langue qui caresse et bouscule. Certains écrivains prétendent rafraîchir le langage en l’élevant dans les airs, Marcel Moreau nous plonge au contraire dans la terre, la chair, le feu, toute son œuvre est en fusion, révélant des sucs imprévus, des festins, aussi des ténèbres. Il était aussi cet homme large, fraternel, habité : au fond de lui semblaient converser Rabelais, Montaigne, Pascal, Artaud et la nuit, il la voyait rouge comme ces carcasses flamboyantes du peintre Francis Bacon. Combien d’écrivains en un siècle peuvent se reconnaître au moindre détour d’une phrase, et pourtant chez un auteur toujours à la poursuite de l’ivre livre? Cet homme- monde, nul ne pourra jamais le résumer en ces douze lignes ou même en un long discours. Pour approcher de son art poétique, il conviendrait plus utilement de lire à la façon d’un poème quelques-uns de ses titres : « Insolation de nuit », « Noces de mort », « Le charme et l’épouvante », « Sacre de la femme », « Ecrits du fond de l’amour », « Intensément

ton corps », « Les arts viscéraux », « A dos de dieu ou l’ordure lyrique», « le devoir de monstruosité », « Incandescence discours contre les entraves », « L’ivre livre »,

« Des hallalis dans les alléluias », « Kamalalam saulitude », ou en un seul mot, le sien, toujours au combat : « La Moreaumachie. » »

Carl Norac

 

Denis Lavant est un acteur français.

Il commence sa carrière au théâtre, avec « Hamlet » et « Le marchand de Venise » de Shakespeare, avant d’être révélé au cinéma par le cinéaste Léos Carax, qui lui confie le rôle masculin emblématique d’Alex dans « Boy meets girl », puis dans « Mauvais sang » et enfin dans « Les amants du pont-neuf ». Sa carrière, par la suite, se déroule essentiellement au théâtre. En 2013, il est le parrain de la quinzième édition du printemps des poètes.

 

Prix : 5 euros

Réservations : https://www.theatrenational.be/fr/activities/1491-midi-de-la-poesie-ne-r...

 

Avec le soutien du Théâtre National Wallonie-Bruxelles.

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