En chemin, le Land Art. t.1, Partir.

Envisageant le Land Art comme un contexte plutôt que comme un mouvement (qui aurait ses "membres" et ses "exclus"), cette étude prend pour sujet une mouvance qui vit, dans les années 60, les artistes sortir de l´atelier, du musée, de la galerie, pour investir des lieux autres, principalement extérieurs et souvent non-urbains. L´auteur montre ici comment les différentes formes de déplacement observées instituent le "monde réel" en tant qu´atelier. Comment aussi, en transformant le fait de "sortir" de l´atelier en une volonté de "partir" ailleurs, le voyage constitue une modalité particulière du déplacement. Instaurateur d´oeuvres et souvent oeuvre en soi, le voyage convoque alors la Terre entière comme potentiel lieu de l´art.

Fiche

Visuel
Année
1999
Édition
Lettre volée (La)

Extrait

Si (...) le déplacement acquiert une valeur de site, une modalité particulière de ce déplacement mérite ici toute notre attention : le voyage. Particulière parce qu´il ne s´agit plus uniquement de "sortir" de l´atelier, mais surtout de "partir" ailleurs. Particulière aussi parce qu´à travers elle, les artistes de la mouvance du Land Art feront l´expérience du mouvement autant que de l´éloignement, de l´étendue (spatiale et temporelle) autant que de l´altérité. Particulière encore parce que (...) c´est par le voyage que les artistes finiront par reterritorialiser ce que leur "sortie" avait contribué à déteritorialiser (pour emprunter l´expression bien connue de Deleuze et Guattari) : en ajoutant à sa valeur de site celle de récit, le voyage Ñ déplacement géographique particulier Ñ réintroduira une dimension "autobiographique" dans le geste artistique.