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Zone de perturbations

Oeuvre

littérature générale
Zone de perturbations

Roman érotique. À la mort de son oncle, Herman hérite d'une villa perdue au cœur de la campagne flamande. Il s'y installe comme dans un hôtel dont il serait à la fois le propriétaire et l'unique pensionnaire.
Au fil des pages d'un étonnant carnet retrouvé dans la bibliothèque, il découvre que les derniers mois de la vie de son oncle n'ont pas été ceux qu'il aurait pu imaginer. Cette vie à son automne, deux femmes l'ont traversée, y apportant l'une l'innocence, l'autre le tumulte de la passion érotique.
Á sa façon, Herman va vouloir vérifier l'authenticité du carnet. Et de sa vie paisible, il ne restera bientôt plus rien, les amours d'Herman rivalisant d'audace avec celles de son oncle dans un étrange imbroglio érotique.

Extrait: 

<p>Le carnet, je l'avais assez relu. Ce que je voulais maintenant, c'&eacute;tait voir la chair secr&egrave;te de cette femme. Il fallait que je la rencontre, peu importaient les moyens. <br /> J'ai compos&eacute; le premier num&eacute;ro en regard de son nom. Un r&eacute;pondeur, un message articul&eacute; d'une voix neutre, une voix de bureau. J'ai h&eacute;sit&eacute; et j'ai raccroch&eacute;. J'ai appel&eacute; le second num&eacute;ro, pour trouver le m&ecirc;me message, pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d'un nom de soci&eacute;t&eacute;. J'ai improvis&eacute; - 'Bonjour madame, j'ai essay&eacute; de vous atteindre &agrave; plusieurs reprises, sans succ&egrave;s &hellip;' - et j'ai laiss&eacute; le num&eacute;ro indiqu&eacute; sur le poste d&eacute;mod&eacute; de Victor. <br /> <br /> Elle m'a rappel&eacute; quelques minutes plus tard, alors que je tournais en rond entre les meubles du living. Sa voix &eacute;tait beaucoup moins professionnelle que sur le r&eacute;pondeur, elle semblait h&eacute;siter au bout du fil. Je lui ai dit, en essayant de me concentrer, de la persuader d&eacute;j&agrave; de ma voix, que j'habitais la maison de Victor, que je n'avais pas connu mon oncle, mais qu'il m'avait laiss&eacute; une lettre dans laquelle il me parlait d'elle ... <br /> Elle a accept&eacute;, sans difficult&eacute;, de me rencontrer le soir m&ecirc;me. <br /> <br /> J'ai pass&eacute; la journ&eacute;e &agrave; pr&eacute;parer ce rendez-vous. (...) Apr&egrave;s tout ce qui s'&eacute;tait pass&eacute; dans cette pi&egrave;ce, je ne pouvais pas proposer n'importe quelle atmosph&egrave;re &agrave; mon invit&eacute;e. (...) J'ai fait vite, comme press&eacute; par la pr&eacute;cipitation de ce rendez-vous. J'&eacute;tais &eacute;lectris&eacute;, presque fi&eacute;vreux ; curieusement, pour la premi&egrave;re fois, je ressentais une sensation d'&eacute;tranget&eacute; dans cette maison &agrave; laquelle je m'&eacute;tais si vite accoutum&eacute;. (...) <br /> <br /> J'ai fini par guetter son arriv&eacute;e d'une fen&ecirc;tre au premier. La nuit &eacute;tait tomb&eacute;e depuis pr&egrave;s de deux heures et les carr&eacute;s de pelouse devant la maison n'&eacute;taient que faiblement &eacute;clair&eacute;s par une lampe ext&eacute;rieure. De loin en loin, le rayon en c&ocirc;ne d'une voiture venait glisser sur la sc&egrave;ne. J'avais laiss&eacute; la grille grande ouverte. Puis une voiture a ralenti et a braqu&eacute; ses phares dans l'entr&eacute;e. Je me suis rejet&eacute; en arri&egrave;re et j'ai d&eacute;gringol&eacute; les escaliers comme un voleur. <br /> <br /> Je lui ai ouvert la porte. Avec le carnet, j'avais fini par fabriquer une sorte de poup&eacute;e, une danseuse un peu louche, mais la Liliane qui se tenait devant moi &eacute;tait plus grande, plus jeune, plus terriblement belle et pr&eacute;cise. Elle avait le teint clair, mais mat, et aurait pu &ecirc;tre espagnole, ou du nord de l'Italie. Elle portait avec une &eacute;l&eacute;gance &agrave; laquelle je n'&eacute;tais pas pr&eacute;par&eacute; une robe en agora grise et rouge fonc&eacute;, avec de fines bottes de cuir sombre.</p>

Fiche

Editeur 
Zulma
Année 
1994