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Ma nuit est plus profonde que la tienne

Oeuvre

théâtre - texte
Ma nuit est plus profonde que la tienne

Elle exécute au piano une interprétation censée émouvoir un homme. Surgissent de fausses notes : elle ne va plus cesser de plonger dans le narcissisme jusqu'au vertige. L'autre perd sa place. Lui rêve d'un amour qui ne sombre pas dans la mêlée des corps. L'un sublime, l'autre fantasme. Sorte de messager antique entre dans les extrêmes, l'Accordeur de piano, aveugle, arbitre le duel.

Extrait: 

<p style="text-align: justify">&quot;Elle : Je joue, je joue, puis l&rsquo;accident. La fausse note tant redout&eacute;e. Le faux pas du matador. Finie la repr&eacute;sentation. On enl&egrave;ve le piano, la sc&egrave;ne se vide. Comment pourrai-je vous rembourser ? Notre si&egrave;cle n&rsquo;arr&ecirc;tera plus de rembourser le spectateur. (Elle se remet &agrave; jouer avec v&eacute;h&eacute;mence, assise, debout, s&rsquo;arr&ecirc;te net.) Je ne veux plus jouer. Je ne veux plus aimer. Lui C&rsquo;est la premi&egrave;re fois que vous parlez d&rsquo;amour. Elle Je n&rsquo;ose voir les images d&rsquo;amour. Je les rejette dans la nuit. Je vous avais promis de jouer. Peut-&ecirc;tre ai-je peur de vous, enfin, de jouer devant quelqu&rsquo;un. Aujourd&rsquo;hui, je ne supporte plus de jouer devant quelqu&rsquo;un. Lui Vous n&rsquo;avez tout de m&ecirc;me pas peur de moi. Je ne vous demanderai plus rien, soyez apais&eacute;e. Elle Entendez-vous le cliquetis des armes dans le lointain ? Nos arm&eacute;es triomphent. C&rsquo;est rassurant, avouez-le. C&rsquo;est horrible, n&rsquo;est-ce pas, d&rsquo;en arriver l&agrave;. Appelez quelqu&rsquo;un, je vous en prie. (Elle ouvre la fen&ecirc;tre, les volets. Elle crie, appelle.) Un passant, n&rsquo;importe qui. J&rsquo;ai froid en moi. Chauffez les murs. Lui Je tiens &agrave; vous depuis le premier jour. Elle Taisez-vous ! Allez-vous en ! (Un temps) Non, restez. (Il va chercher son manteau.) Elle Longez la muraille, soyez prudent. Les orphelins r&ocirc;dent autour de l&rsquo;enceinte. Ils raclent les murs et tracent des signes myst&eacute;rieux. La nuit, ils veulent p&eacute;n&eacute;trer dans le b&acirc;timent. Puis, ils partent s&rsquo;entre-d&eacute;chirer ailleurs. Ne m&rsquo;embrassez pas.&quot;</p>

Fiche

Editeur 
Lansman
Année 
2002