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La légende des amandiers en fleur

Oeuvre

littérature générale
La légende des amandiers en fleur

Pedro se décide enfin. Il quitte Lisbonne. Sur les chemins marocains, il traverse le miroir des civilisations. Arrivé à Marrakech, il n´aspire plus qu´à retourner dans sa ville blanche. Mais il va recevoir un signe éblouissant. L´accession au trône de Mohammed VI bouleverse complètement la vie spirituelle de Pedro. De la ville aux portes du désert, il se plonge dans la Sahara... pour y vivre sa " légende des amandiers en fleur ".

Extrait: 

<p>Ce n&acute;est pas une bonne id&eacute;e. Apr&egrave;s la mort de Jack. D&eacute;cider de partir apr&egrave;s tant d&acute;h&eacute;sitations. Ce n&acute;est pas une bonne id&eacute;e de traverser les eaux du Tage. De se laisser bourlinguer dans les bateaux rouge-orange de Lisbonne &agrave; Cacilhas. Et de Cacilhas &agrave; Lisbonne. Interminables travers&eacute;es pourtant bien trop courtes. La d&eacute;cision est prise ici. Entre un groupe d&acute;Arm&eacute;niens et un couple cap-verdien. Je pensais que tout avait &eacute;t&eacute; dit et pens&eacute;. Je pensais que rien ne pouvait plus &ecirc;tre &eacute;num&eacute;r&eacute;. Que d&acute;erreurs pensai-je. Que de monstrueuses et lugubres ind&eacute;cisions. Mais voil&agrave;. La mort de Jack me pousse &agrave; vivre ce que j&acute;ai toujours r&ecirc;v&eacute;. Partir. Sa vengeance d&acute;outre-tombe. Son dernier regard. Je me sens incapable de vivre sereinement dans cette ville. Trop &agrave; fleur de peau. Trop soucieux aussi de mon ego. Ce n&acute;est pas une bonne id&eacute;e. Le bac transporte des voitures et des motos. Des souvenirs et des projets. J&acute;avais imagin&eacute; mille projets sur ces eaux. Dont un spectacle qui devait emmener des spectateurs d&acute;une berge &agrave; l&acute;autre du fleuve. Pour y retrouver un d&icirc;ner imaginaire en pleine r&eacute;volution des &oelig;illets o&ugrave; Pasolini et Moravia parleraient de leur voyage en Inde &agrave; des amis portugais. Mais je ne suis pas metteur en sc&egrave;ne. Je ne suis pas &eacute;crivain. Je ne suis qu&acute;un drogu&eacute;. Un vendeur de coke et d&acute;alcool dans un bar du centre de Lisbonne. C&acute;est ma fonction. Le va-et-vient du bac. Le fleuve se r&eacute;veille tel un monstre. Il nous bouscule. Un jeune black me cligne de l&acute;&oelig;il et j&acute;entends &agrave; travers ses &eacute;couteurs les mots de 2pac Shakur qui chante ne vouloir &ecirc;tre jug&eacute; que par Dieu. Ne serait-ce que pour cette raison que je suis l&agrave; ? Dans l&acute;attente ? Incapable de bouger de peur d&acute;&ecirc;tre jug&eacute; par la soci&eacute;t&eacute;. Il est seize heures cinquante-huit. Je me d&eacute;cide enfin &agrave; me frayer un passage vers la sortie. Et &agrave; mettre les pieds sur la terre ferme. De quel c&ocirc;t&eacute; vais-je descendre ? Cacilhas ? Lisbonne ?</p>

Fiche

Editeur 
Labor
Année 
2003