De Bruxelles à Tunis. Liberté, Egalité, Paternité !

Publié le  21.01.2011

C'est l'Institut pour l'Égalité entre les femmes et les hommes qui le dit : en Belgique, huit hommes sur dix bénéficient aujourd'hui de leur congé de paternité. Au premier abord ça n'en a pas l'air, mais c'est un acte courageux : nombre d'entre eux ont dû batailler avec leur employeur pour avoir le droit de changer les couches culottes. Car une fois à la maison, ces messieurs n'ont ni  joué au foot ni descendu des bières, ne soyons pas mauvais esprits ! Non, dans leur toute grande majorité, ils se sont occupés du bébé et du ménage. Merci les chéris, c'est comme ça que je vous aime !

Voilà donc une mesure intelligente en faveur de l'égalité hommes-femmes, et elles ne le sont pas toutes. Une majorité de parlementaires européens s'est prononcée pour une prolongation du congé de maternité, jusqu'à vingt semaines. Chouette, me direz-vous ! Eh bien non ! Car, que cela nous plaise ou non, les employeurs n'adorent pas les absences prolongées pour cause de pouponnage. De là à hésiter à embaucher une femme ou à lui octroyer une promotion… Certains franchissent le pas en douce... Alors pourquoi ne pas avancer une nouvelle idée ? Étendre le congé de paternité, par exemple. Ici et ailleurs. Car si en Belgique nous en profitons, neuf des pays de l'Union européenne n'offrent même pas cette possibilité aux hommes... Les Belges l'ont prouvé : les hommes veulent s'occuper des bébés. Et si on leur en donnait la possibilité ? C'est aussi cela l'égalité…

Elle n'a l'air de rien cette petite nouvelle sur les papas qui paternent, mais elle m'a fait du bien. La plupart d'entre nous pensent en effet qu'hommes et femmes doivent être égaux, mais comment mettre cette belle idée totalement en pratique ? Malgré les lois, la réalité ne suit pas toujours… Un exemple frappant : celui de la CEDAW, une convention de l'ONU sur l'élimination des discriminations à l'égard des femmes. A ce jour, la convention la plus ratifiée au monde… et celle pour laquelle les États ont émis le plus grand nombre de réserves. Triste privilège : sous un oui de façade se cache parfois un non, trop souvent proféré pour des raisons religieuses. Faut-il s'en voiler la face ? Ah le voile, nous y voici ! Ce n'est certes pas le seul signe de séparation entre les destins masculins et féminins, mais il est si visible ! Qu'il ne nous encourage pas cependant à occulter les problèmes quotidiens rencontrés par les femmes, quelles que soient leurs origines culturelles ou sociales, tout en focalisant sur les inégalités dues à la religion.

Autres nouvelles encourageantes : celles de Tunisie. Les images nous montrent des hommes et des femmes luttant ensemble pour plus de démocratie et de justice, laissant, comme le préconise l'esprit de la laïcité, les croyances hors sujet. Des bloggeurs et des bloggeuses, des facebookiennes et des facebookiens… tous unis. Pourvu que ça dure ! Car que dire du sort de femmes iraniennes qui, après avoir contribué à chasser le shah, se sont retrouvées enfermées sous le tchador ? Et de celui d'algériennes ou de palestiniennes qui, hier totalement engagées dans leurs luttes de libération nationale, sont aujourd'hui piégées par le grand retour de l'intégrisme religieux ?

La lutte pour l'égalité transcende parfois les frontières idéologiques. Aujourd'hui, même les plus radicales d'entre les radicales, les jihadistes, revendiquent un drôle de privilège : le droit de mourir en « femmes-bombes », tout comme les hommes… Droit qui leur a été accordé, fatwa à l'appui. Avec à la clé une récompense suprême : au Paradis, elles seront les égales des hommes… et aussi belles que les soixante-douze vierges dédiées à la félicité des « martyrs »…
La Belgique, le succès de son congé de paternité, une veritable avancée vers une égalité de droit et de fait. La Tunisie, sa lutte contre la dictature, un véritable souffle d'espoir pour les femmes engagées aux côtés des hommes contre toutes les formes d'oppression…  La Tunisie, celle qui offrira peut-être un jour aussi à ses papas l'ultime privilège de câliner leurs petits dix jours par an, (presque) tous frais payés. Croisons les doigts…

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