- De ses dix doigts
De ses dix doigts
11 mai 2011
Épisode 10 - Dixième épisode
C'est alors que je me réveille. Un besoin urgent me pousse hors du lit, où une douleur subite me fend le crâne. Sans aucune pitié. À peine le temps de m'en plaindre que quelque chose se brise sous mon pied. « Putain, mon ordinateur ! Ça commence bien... », grommelé-je, avant de me recoucher dans l'espoir d'instants meilleurs.
D'étranges rêves ont traversé ma nuit. Seules quelques images, sensations me reviennent. Tenter de m'en souvenir m'en éloigne irréversiblement. Ce n'étaient là que de vains rêves sans lendemain. Pas de quoi en faire toute une histoire.
Hier, c'était le mariage d'un collègue que j'avais croisé à l'une ou l'autre réunion. Il faisait beau et j'aurais préféré errer sur la plage mais, comme la plupart des collègues y allaient, je me voyais mal fausser compagnie. Le collègue se mariait avec une fille de l'entreprise, une brune assez mignonne arrivée il y a à peine quelques mois mais que je n'avais pourtant jamais vue. C'était une fête assez chic qui avait lieu dans le bar du zoo, où je n'étais plus venu depuis mon enfance.
Craignant de m'y retrouver seul, j'avais demandé à ma cousine de jouer le rôle de ma copine. Nancy avait tout de suite accepté. Célibataire et en recherche perpétuelle du bon plan, elle sait mieux que quiconque qu'un mariage est le lieu de rencontre par excellence et n'en raterait un pour rien au monde. Pas sûr que j'en aurais fait autant.
Si le cocktail était assez réussi, avec un numéro de jongleurs, un lâcher de colombes et une cascade de champagne, le dîner s'est plutôt révélé ennuyeux. Alors que, supposé en couple, je ne pouvais draguer ouvertement la jeune bimbo en face de moi, de son côté, Nancy, qui n'avait de compte à rendre à quiconque, ne s'embarrassait d'aucun scrupule pour faire du charme à son voisin. Comme le mien était un vieux à moitié sourd, je me suis lâché sans retenue sur le Bordeaux.
J'étais donc déjà bien entamé lorsque les mariés ont ouvert le bal. J'ai un peu dansé avec ma cousine et je crois même que je l'ai un peu pelotée, pour faire plus vrai. Puis, je suis sorti prendre l'air et suis tombé sur la mariée : « Si je vous avais croisée en premier, vous auriez peut-être un autre nom aujourd'hui... Et certainement une plus belle bague ! » Elle a ri et je l'ai invitée à danser. Je ne sais plus si cela a duré cinq minutes ou une heure. Elle était sublime dans sa robe et m'a lancé un regard malicieux lorsqu'elle a senti que je bandais.
À la fin du dernier slow, je suis parti pisser. En traversant la piste, j'ai cherché Nancy du regard mais ne l'ai aperçue nulle part. Le DJ a lancé un tube de la Compagnie créole et tout le monde s'est mis à crier. Quand je suis sorti des toilettes, la mariée était là. Seule. J'ai balbutié l'un ou l'autre mot et elle m'a attiré au fond du couloir, près de l'ancien monte-charge. La porte de la réserve était ouverte. Il faisait noir. Elle est rentrée, je l'ai suivie. Là, sans un mot, elle a défait ma ceinture, abaissé mon pantalon, mon slip et a commencé à me caresser. Puis à me lécher. Avant de me prendre dans sa bouche. Ensuite, je ne me souviens plus de rien.
Un souvenir émerge cependant au milieu de mon black-out : dans une voiture - peut-être le taxi du retour ? - Nancy, pieds nus, me raconte sa soirée. Elle me parle d'un buisson au fond du parc, d'un éléphant, de mon chef, des enfants de chœur qui criaient... Mais peut-être ai-je rêvé ? Il faut que je l'appelle pour lui demander. Peut-être m'apprendra-t-elle aussi des éléments sur ma fin de soirée. Mais avant tout, j'ai besoin d'un café pour me remettre les idées en place.
Incapable de me retenir plus longtemps, je me lève et vacille jusqu'au WC. Dans le miroir, je constate une tache rouge sur ma chemise. Et c'est en ouvrant ma braguette que je constate que mon pénis a disparu. Point de sang ni de cicatrice. Juste un trou béant au milieu de mon entrecuisse.
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