- Lettres à Louise
Lettres à Louise
04 janvier 2012
Épisode 9 - Chambre 18
J'attends sur un banc de manière à pouvoir observer discrètement les va-et-viens de la rue. Pas de Louise. Soudain je crois apercevoir quelque chose coincé sur la porte de la gelateria. Je traverse rapidement via Emanuele et remarque une enveloppe orange. Un nom y est inscrit, celui de Lionel. Hâtivement - on aurait dit que ma vie en dépendait - je la déchire et lis: "Retrouve-moi à l'hôtel Palacio, chambre 18. Louise."
A quel jeu joue-t-elle? Ce parcours à travers la ville, cette
énigme, tout ce mystère excite encore plus ma curiosité. Je
poursuis donc ma balade à travers Palerme. Alors que j'arrive à
l'adresse indiquée, je vois une jolie femme se précipiter vers
l'hôtel. Les cheveux courts, l'allure gracieuse, elle me fait
penser à Louise. Elle porte une mallette en cuir, fait de grandes
enjambées. Je n'ai pas le temps de mieux la détailler que des coups
de feu éclatent. Mon premier réflexe est de me plaquer contre une
alcôve. Deux motards encagoulés se rapprochent de plus en plus de
la femme. L'un d'eux possède un fusil. Il le braque contre elle et
tire avant de s'enfuir. Je me mets à hurler :
- Louise !
Déjà le personnel de l'hôtel arrivent au secours de la femme qui
git sur le trottoir. L'ambulance et la police mettent peu de temps
à arriver, tandis que les passants, qui arpentaient tranquillement
les trottoirs, jettent un coup d'œil furtif à cette scène
finalement assez banale. A Palerme, les règlements de compte de la
camorra sont à nouveau courant. On les redoute mais on vit avec.
J'observe cette effervescence comme si j'avais été étrangère à ce
qui c'était passé, immobile à regarder l'agitation autour du corps
maculé de la femme. Ce n'est que lorsqu'on la recouvre d'un drap
que je comprends qu'il est trop tard. Je tremble tellement qu'il me
faut encore un certain temps pour quitter ma cachette.
Profitant du trouble, je rentre dans l'hôtel, saisi la clef numéro
18 et monte jusqu'à la chambre de Louise.











