29e édition du BIFFF
Les pathologies du fantastique du 7 au 19 avril
Le festival international du film fantastique s'installe cette année encore à Bruxelles, à Tour et Taxis, du 7 au 19 avril.
Une programmation soignée, bétonnée, diversifiée. A épingler: la compétition de court-métrages fantastiques belges lors du "Belgian Film Day", le 15 avril.
Edito du BIFFF:
"Depuis son apparition, le cinéma
fantastique n'a cessé de puiser son inspiration dans les mythes et
croyances populaires. De La Féline de Tourneur au Minority Report
de Spielberg en passant par Soleil Vert de Fleischer, la grande
majorité des films de genre avait un point commun :
l'extraordinaire surgissait inéluctablement de l'extérieur.
L'élément perturbateur pouvait revêtir plusieurs formes :
extra-terrestres, zombies, virus, monstres, insectes… Le bestiaire
tout entier de l'humanité a ainsi été passé à la moulinette du
fantastique !
Malheureusement, la source semble s'être tarie. Ces dernières
années, de fades
déclinaisons de gros succès ont parasité les écrans de cinéma
jusqu'à la saturation : l'enveloppe avait beau changer, le
spectateur recevait tout le temps la même lettre.
Mais, alors que le genre « mainstream » était au bord de la
ringardisation, l'avant-garde du fantastique a compris la nécessité
de changer, de s'adapter. Pari réussi puisque le genre vient de
rentrer de plain-pied dans le siècle de l'introspection.
La sélection du 29e BIFFF foisonne de ces thématiques nouvelles, où
l'ennemi intime n'est autre que soi-même, où l'extraordinaire vient
de l'intérieur. Comme si l'on venait de découvrir dans les abysses
d'un cerveau exploité à seulement 10% de ses capacités un filon
aussi rentable qu'intéressant.
Schizophrénie, psychologie déviante, aliénation… Bref, toutes ces
pathologies de l'esprit qui auparavant servaient de caution
complaisante sont désormais au centre de l'histoire : après un
siècle braqué sur la paille du voisin, on s'intéresse enfin à notre
poutre.
Cependant, si la tendance est claire, chacun réagit à sa façon :
les asiatiques restent partagés entre pudeur poétique (One Day,
Ayu) et expression anarchique de la névrose (Hell Driver, Tetsuo),
tandis que les scandinaves envoient leur réserve légendaire au
placard pour déboulonner leurs folklores avec grand fracas (Troll
Hunter, Rare Exports).
Mais la grande surprise, cette année, vient d'Europe de l'Est, qui
dégaine des oeuvres ouvertement hostiles à toute lecture primaire
en abordant de front un surendettement psychologique qui nous
guette tous (Strayed, The Temptation of St Tony).
Avec un menu pareil, autant vous dire que l'équipe du BIFFF vient
de se mettre une pression redoutable puisqu'il s'agira de faire
encore plus fort pour la trentième édition !
Personne ne connaîtrait un psy pour nous aider, par hasard ?"
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