Stabat Mater

au Poche du 3 au 21 mai

 

La misère n'est pas seulement l'affaire des pauvres.

 

Marie, fille-mère, ex-prostituée, vit de petits trafics. Elle attend Jean le père de Jésus, qui l'a larguée quand elle était enceinte lui préférant « ce gros tonneau de femme qui pue comme une roue de gorgonzola ». Et Jésus a disparu. Marie nous conte à sa façon l'attente de Jean, le moins que rien, de surcroit obsédé sexuel, et la recherche de son «sacré beau Jésus de fils qui est allé se foutre dans la merde de la politique avec sa bande et sa Madeleine, cette petite pute de HLM ». Elle court de commissariat en commissariat, à la recherche de Jésus éructant sa souffrance, son angoisse, sa frayeur.

 

A l'origine le Stabat Mater est un texte religieux du 13e siècle évoquant la souffrance de Marie lors du martyr du Christ. Antonio Tarantino le transpose dans l'univers de la pauvreté de son Italie natale.

 

C'est la langue de la misère que nous entendons, mais jamais une langue misérable. Une langue à vif où dans une énergie folle les mots vociférés et les phrases répétitives révèlent la rugissante énergie de l'être humain blessé au plus profond de sa condition. L'obscénité et la vulgarité croisent une incroyable et fulgurante lucidité.

 

"Stabat Mater", un texte d'Antonio Tarantino traduit par Michèle Fabien. Mise en scène: Roland Mahauden. A découvrir au Théâtre de Poche du 3 au 21 mai, 1a Chemin du gymnase à 1000 Bruxelles (Bois de la Cambre).

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Photo: © Alice Piemme