À venir dans notre dossier "Rentrée
littéraire belge", une analyse plus fouillée du dernier roman de
Geneviève Bergé, Le tableau de Giacomo, paru chez Luce
Wilquin dans la collection Sméraldine. Mais on peut déjà vous
l'écrire: voilà un petit bijou inventif et un rien envôûtant qu'il
faut mettre dans le sac lors du prochain passage en
librairie...
Geneviève Bergé nous envoie en
Sicile, en 1654. Elle présente son histoire comme on présenterait
un ami, puis nous laisse en tête à tête, à chaque chapitre, avec un
de ses personnages. Et quels personnages! Parmi ceux-ci, il y a
Antonio Ruffo, un collectionneur bien de son temps qui attend avec
impatience l'arrivée de sa précieuse commande... Voilà quatre ans
en effet qu'il a commandé un tableau à Rubens. Et c'est là que
l'histoire commence...
Pour vous mettre en appétit, voici
un extrait tiré des premières pages:
" 3 juillet-20 juillet. L'histoire
se déroule sur une période courte, un tout petit mois écorné aux
extrémités, qui s'insère sans crier gare dans le calendrier
quotidien. Il ressemble aux autres mois, il ne vient pas troubler
la vie des gens. Dans quelques semaine d'ailleurs, c'est à peine
s'ils s'en souviendront. La plupart considèreront qu'il ne s'est
rien passé. C'est l'été, chacun vaque à ses occupations, beaucoup
se plaignent de la chaleur, cherchant l'ombre des figuiers et la
fraîcheur des fontaines. On vit la nuit, comme cela se fait encore
aujourd'hui autour de la Méditerranée.
L'événement qui donne lieu à
l'histoire concerne peu de gens, une petite poignée, et ceux-là
voient effectivement le train-train des jours traversé par ce qui
se passe. Mais qu'on ne se méprenne pas. Puisque la terre ne
tremble plus, puisque les Turcs ne menacent plus les côtes et
puisqu'on n'a pas encore rassemblé l'énergie suffisante pour
renvoyer les Espagnols en Espagne, forcément, l'événement ne peut
être que modeste. "