Né en Belgique, à Bruxelles, le 4 juin 1975, de mère italienne (artiste-peintre) et de père belge (scénariste, journaliste, dessinateur, photographe...).
Ses parents se séparent quand il a cinq ans, et il connaît une jeunesse difficile. Il se met à écrire très tôt, dès qu´il apprend à lire. L´un a toujours été pour lui de pair avec l´autre. C´est ainsi que, au risque de faire sourire, ses premiers textes datent de ses sept ans.
Une enfance pénible, pauvre, triste, et très solitaire (une solitude qui ne le quittera jamais vraiment), dans des quartiers défavorisés. Les files d´attente à l´assistance sociale, les factures impayées s´accumulant dans les tiroirs, et le frigo presque vide, il connaît ça. Il se bat pour échapper à ces étaux. Pour oublier les problèmes d´argent et autres, il fuit dans la fiction, se raconte des histoires à longueur de journées, quand il ne reste pas assis devant la fenêtre à regarder les gens marcher dans la rue, à l´instar d´un spectateur face à l´écran des salles obscures; ce monde duquel il ne se sent pas faire partie; aujourd´hui, en repensant à cette époque, il suppose qu´il devait être un peu autiste: un autiste silencieux, sombre et rêveur. Puis, une nuit (car il est nocturne et insomniaque), il se dit que toutes les histoires qu´il se raconte, il pourrait très bien les raconter aux autres. Il a alors 12 ans.
La découverte de Stephen King sera une révélation, ou plutôt une confirmation : 'c´est exactement ça que je veux faire', même si, en dépit des influences certaines, il trouvera très vite sa propre voie.
Il découvre le cinéma dans le tard, vers 12 ans également, lorsqu´un poste de télévision fait enfin son apparition dans le foyer familial (écran 37cm, acheté à crédit par sa mère, au prix de sacrifices, et dans la crainte mensuelle de ne pouvoir le payer jusqu´au bout).
Au travers d´un cycle de films consacré à Stephen King, il découvre des metteurs en scène qui le marqueront à vie, tels que Stanley Kubrik, David Cronenberg, Brian De Palma, John Carpenter... Il découvre aussi David Lynch, Bertrand Blier, François Truffaut, Federico Fellini...
A 12 ans, imbu de découvertes, il entame son premier roman, 'Jennifer dans la nuit', un drame psychologique traité à la manière d´un roman d´épouvante d´influence américaine. Ce roman restera inachevé, ainsi que le scénario de film qu´il commencera à 16 ans, 'Darkening : Un conte de vampires', mais qu´il compte achever un jour, dès qu´il en trouvera le temps et qu´il en retrouvera l´inspiration. Entre 17 et 19 ans, tandis qu´il découvre la poésie (Baudelaire et De Nerval comptent parmi ses favoris), il abandonne momentanément la littérature pour se consacrer à l´écriture de poèmes et de chansons (il en écrira plus de deux cents, dont des sonnets, tous inédits).
L´année 1995-96 est une année importante : il a alors 20 ans, et se lance des défis. Tandis qu´il participe à de nombreux concours de critique cinématograhique où il remportera plusieurs prix (lors de festivals à Bruxelles, Charleroi... ; il ira même jusqu´à faire du journalisme cinématographique pour Fun radio lors du Festival du Film Fantastique de Bruxelles), il suit des cours à la cinémathèque de Bruxelles, des stages de cinéma sur des plateaux de courts-métrages, et s´inscrit pour une année d´études de cinéma dans une école préparatoire aux Instituts Supérieurs des Arts du Spectacle, où il apprend notamment les bases de la photographie, où il découvre les talents techniques et visuels de l´immortelle Leni Riefenstahl, et à l´issue de laquelle il écrira un scénario de dramatique-radio, encouragé par son professeur. Celle-ci sera réalisée en collaboration avec le professeur en question et des amis, et sera diffusée lors d´une exposition de photographie dans l´école même. Il n´en tirera qu´éloges et félicitations. Titre : 'Le Temps Mort (Jim se barre)'. Il s´agit là de sa première oeuvre réellement achevée.
Suite à cela, il veut poursuivre des études de cinéma dans des Instituts Supérieurs, mais il est refusé partout. Il ne se désespère pas, mais en attendant il retourne à la littérature, car c´est la forme d´art la moins chère techniquement parlant, et donc la plus accessible à sa bourse plus ou moins vide. Il se lance dans l´écriture à plein temps durant trois ans, s´isolant presque totalement du monde, s´enfermant dans une chambre qu´il a lui-même entièrement peinte en noir.
Ses années seront riches de réalisations, puisqu´il écrira deux romans ('Haze Red/Le Livre de la Destruction' -- 750 pages -- et 'Khaos/L´Amérique contre l´Amérique' -- 650 pages). Ce dernier roman sera refusé par les éditeurs car il est considéré comme étant trop long pour lancer un jeune auteur sur le marché français. Il le met donc de côté, et écrit d´autres choses, dont une soixantaine de nouvelles, policières, fantastiques et d´épouvante, réserve dans laquelle il puisera plus tard pour constituer ses recueils du 'Cycle des Ténèbres'. Il en publie quelques-unes dans des magazines spécialisés en Belgique et en France (Khimaira...) ainsi que sur un site Internet : 'Le Rire dans l´âtre' sous le pseudo de John Nox, et 'Blue and Yellow' (1er prix de nouvelle), 'Histoire de Nuit' et 'Cosmos' sous le pseudo Joey Sandman.
Il obtient également un prix de nouvelle fantastique lors d´un concours thématique organisé par le Festival du Livre Fantastique de Bruxelles en 2002, sous la présidence du regretté Thomas Owen, et en présence de l´incontournable Henri Vernes alias Papa de Bob Morane : 'Un éternel recommencement', publié sous son vrai nom dans un recueil collectif avec les autres lauréats.
Peu avant cela, il s´envole pour la Bulgarie, et atterrit sur un tournage de film italo-américain, 'Texas 46 : The Good War', où il fera des petits boulots, pour se mettre dans l´ambiance d´un vrai grand tournage. Il y rencontrera notamment Roy Scheider, et gardera un contact amical avec le metteur en scène hollywoodien et scénariste du film : Giorgio Serafini. ('A mon arrivée à Sofia, sous un soleil brûlant, j´avais la peau tellement blanche qu´on me surnommait le vampire…' raconte-t-il) De retour à Bruxelles, il poursuit ses cours du soir en art dramatique entamés l´année précédente, et s´inscrit à l´université où il combine une licence en langues modernes (anglais-italien) avec une licence en arts du spectacle. (Il fera notamment une recherche sur la poésie underground des années soixante-soixante-dix en Angleterre, à partir du recueil 'Children of Albion' de Michael Horovitz, et se passionne plus particulièrement pour Adrian Mitchell, poète 'fracassant' traitant notamment des horreurs de la guerre du Viet-nâm ; par cela, il se réintéresse à la poésie et se remet à écrire des poèmes en anglais ; il dévore également l´oeuvre de Boris Vian/Vernon Sullivan, et se passionne pour Anthony Burgess). Parallèlement, il fait un tas de petits jobs (rédaction d´un syllabus de cours sur le théâtre slave, correction de textes et scénarios écrits par des amis, notamment en anglais, tournages de documentaires et de courts-métrages...), et continue d´écrire de la fiction.
Il publie un premier recueil de nouvelles : 'Les Tenebres Nues', premier d´un cycle de recueils qui devrait compter sept volumes d´ici 2006. Il écrit aussi un premier scénario de moyen-métrage, en anglais, 'The Gun Generation (Beyond the Pale)', ainsi que sa première nouvelle en italien : 'Incubo ad´occhi aperti', et encore une vingtaine de nouvelles en français. Entre ses gros travaux universitaires de mars et sa session d´examens de fin d´année 2002, il écrit également un roman de 330 pages intitulé 'Du Sang dans l´Océan (L´Homme qui ne souriait jamais)' et qui marque un tournant dans sa carrière, car ce texte se détache assez fort de l´influence américaine qui se retrouve dans tous ses autres textes (il ne s´inscrit plus dans le monde du fantastique et de l´horreur comme tous les précédents), et parce qu´il y livre beaucoup d´éléments sur sa propre personne, au travers d´un protagoniste qui pourrait très bien être le reflet de l´auteur. 'Je n´ai pas vécu ce qu´il a vécu, explique l´auteur, mais il pense ce que je pense'.
Ce tournant est une occasion pour adopter un nouveau pseudonyme à sa collection de plus en plus longue : Daph Landerneau. ('Landerneau' est un des plus beaux mots de la langue française, et sa signification épouse très bien mon caractère')... Il travaille énormément, un véritable workaholic, dort peu (4-5H par nuit en temps normal), aussi nocturne et insomniaque que lorsqu´il était enfant. 'Et à mon âge, on ne change plus', affirme-t-il. Ses textes alternent esthétisme et horreur, intellectuel et langage cru d´un certain cinéma américain ou des banlieues dans lesquelles il a grandi.
A vingt-sept ans, il a écrit plus de cent textes, plus de quatre mille pages au total, sans compter les innombrables oeuvres avortées. Il pourrait être considéré comme un des auteurs les plus prolifiques de sa génération. Mais en dépit de sa fécondité, il demeure dans l´ombre, par un curieux concours de circonstances. 'Les portes s´entrouvrent pour se refermer ensuite. Ce doit être mon destin. Un jour, mon heure de gloire viendra, en attendant il faut tenir. Je ne perds pas courage, il y a une fin à tout, même aux ténèbres.' Mais si aujourd´hui personne ne le connaît, demain plus personne ne pourra l´ignorer. Refusé par toutes les écoles de cinéma, refusé par tous les éditeurs pendant huit ans, parti de rien, à cheval entre rêve et réalité, Daphnis Olivier Boelens-Bisazza, alias Joey Nobody, alias Joey Sandman, alias Daph Landerneau, alias John Nox, alias..., personnage complexe et complexé, aux multiples visages, construira son empire, envers et contre tout.