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Les finalistes du Prix Rossel

Paf! Novembre, saison des prix. Le jury du prix Rossel (le prix littéraire le plus connu par chez-nous), présidé par Pierre Mertens, a tranché - voici la liste des cinq finalistes. Rendez-vous le 6 décembre pour connaître le ou la lauréat.e...

 

photo: le jury du Prix Rossel. Copyright: Le Soir.

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 Adeline Dieudonné est la championne incontestée des sélections littéraires cette année. Lauréate entre autres du prix Fnac, du Renaudot des lycéens, elle figurait également dans la première liste des candidat.e.s au Goncourt. La voici donc finaliste du Rossel avec son premier roman paru à l'Iconoclaste: La vraie vie. Nous l'avions rencontrée à la rentrée pour une interview sur le pouce et une lecture d'extrait...

 

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Premier roman également à figurer dans la sélection du Rossel: Ariane de Myriam Leroy, paru aux éditions Don Quichotte. Youpie, son autrice s'était également prêtée au jeu de l'interview sur le pouce et nous en avait lu un extrait.

  • Spectacle vivant
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Jamais deux sans trois: Apprendre à lire (éditions Grasset) de Sébastien Ministru est le troisième premier roman à faire partie des finalistes. Son auteur a été également récemment distingué par la bourse de la découverte de la fondation Prince Pierre de Monaco. Et nous l'avions rencontré aussi cette année:

Jamais trois sans... Oui mais non, le premier livre d'Etienne Verhasselt n'est pas un roman mais un recueil de nouvelles. Les pas perdus est publié en France également, chez Tripode.

"Le recueil Les Pas perdus est né d’une envie tenace et espiègle de raconter des histoires farfelues, de rendre ses lettres de noblesse à l’imaginaire : prendre plaisir à démonter le réel, le malmener, le moquer, le triturer jusqu’à lui mettre les tripes à l’air. En un mot, l’envie, non pas de faire rendre l’âme au réel, mais de l’expurger autant que faire se peut de lui-même, pour amener au jour l’or caché qu’il contient à son propre insu : le fantastique, le merveilleux, l’absurde, le poétique. Au départ, il y a une envie ludique et iconoclaste qui donne au livre un ton délicatement irrévérencieux : pas question qu’un plafond ne soit qu’un plafond, un moustique un simple insecte ou la Bible la Vérité devant laquelle on se prosterne. Il ne s’agit absolument pas de mépriser le monde et lui tourner le dos, mais plutôt de lui rendre son charme : le réenchanter littérairement pour l’aimer mieux et, dirais-je, l’aimer à sa juste valeur." Etienne Verhasselt

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La cinquième finaliste de la sélection est publiée aux Impressions nouvelles avec "Devenir oiseau": Sandrine Willems.

"Alors que j’étais psy dans une ville dorée, asphyxiée par un désespoir ambiant, sans pensée ni beauté, j’ai « lâché » mes patients, pour partir vers l’inconnu d’une ville blanche, où je me mettrais à chanter. Ce que j’ai vécu comme le passage, décrit par Kierkegaard, de l’éthique au religieux, acte de foi absurde, « en rien », sinon en la grâce de vivre. Où l’on apprend à vivre de presque rien, « comme l’oiseau des champs et le lys des vallées ». Où ce qu’on appelait l’amour devient reliance, non plus seulement aux humains, mais aux animaux, aux morts, au cosmos. On se met alors à écouter les oiseaux comme de vrais vivants, et, un instant, c’est le réenchantement du monde. Mais à la joie d’être là, dans la lumière, se mêle l’angoisse insoutenable d’avoir à mourir. Et sentir que « tout est plein de dieux », n’empêche pas, parfois, une solitude abyssale – un manque d’intime à en crier. Où l’amour reste à inventer, dans le tissage de territoires partageables, de singularité à singularité, rugueuses et irremplaçables.
Sans illusion, mais faisant place à une autre façon de vivre l’absolu. Où l’amour amoureux, au lieu de nous fermer au monde, devient ouverture radicale. Où à travers quelqu’un, on finit par tomber amoureux du monde.

Un texte délibérément inclassable, passant avec désinvolture de l’intime à la métaphysique, de Deleuze aux penseurs de l’Inde ancienne, et du récit à la poésie." Sandrine Willems.

Extrait :

Et quand je le voyais, mon jeune professeur aux yeux noirs, se mouvoir dans la vie tel un jeune dieu dansant, condensant en chacun de ses gestes toutes les grâces de la vie, comme s’il avait mille bras pour l’étreindre, quand je le voyais, mon bouddhiste, alliant dans le bleu de son regard l’acuité de Shiva à la compassion de Bouddha, et la force de l’intelligence à une fragilité tendre, quand je le revoyais, mon fou de physicien, efflanqué tel un oiseau de nuit affamé, avec ses yeux trop grands pour être de ce monde, quand je les regardais, fascinée, ne pouvant les toucher, comme si à trop m’en approcher je risquais de me faire foudroyer, parfois je me demandais si malgré cette souffrance, toute ma vie, de n’avoir pu atteindre ceux-là que j’adorais, je me demandais s’il est quelque chose que je préfère, en cette vie, à cette brusque incarnation du divin sur terre, dans le geste ou le regard d’un être.